PORTRAITS

PLEIN AIR

Masami Plein air
Masami, la pionnière

Elle est la première floricultrice de Paris intramuros, cultive au probiotique d’Okinawa et livre à vélo. Le symbole d’une génération qui réinvente le lien entre le vivant et la cité.

Sur la colline de Belleville, au fond d’un petit cimetière, une porte verte ouvre sur un champ fleuri de 1200 m2. En plein air et en pleine terre, Masami cultive des roses et des asters, des bleuets et de la mauve, des œillets, des scabieuses… « fleurettes parisiennes », comme elle les appelle.

En cette fin novembre, Masami Charlotte bèche, arrache les mauvaises herbes, sème les récoltes à venir. « L’hiver il pleut, la terre se repose, j’ai enfin la sensation de vivre au rythme de la nature alors que j’ai eu l’impression de lui courir derrière tout l’été ! » 

Sur cette terre qu’elle loue à la ville de Paris grâce au concours gagné en 2016 de « Pariculteurs », Masami prépare son second printemps. Elle soigne le sol au probiotique d’Okinawa – « une solution marron qui ressemble à du Ketchup »- rapporté d’un laboratoire de recherche nippon ou elle a passé du temps. Elle est à ce jour la seule, en France, à traiter la terre de cette façon, Paris étant polluée au métaux lourds et impropre à la culture des légumes.

Le parcours de cette franco-japonaise de 31 ans est ainsi, ponctué de rencontres. Après des études de design industriel à l’Université des Arts Appliqués de Vienne et à Central Saint Martins à Londres, Masami s’envole au Maroc puis au pays de Galles où elle apprend les techniques de la permaculture, de la biodynamie, du maraichage bio qu’elle a adapté à sa culture florale. C’est sur un préjugé genré : mise aux fleurs en raison sa frêle silhouette, que Masami, vexée, découvre sa vocation. Elle clôt sa formation par une bourse offerte pour son projet par Floret Flower, horticultrice star aux Etats-Unis et auteur d’un programme horticole online très couru.

« La fleur n’est pas facile, elle se travaille aussi durement que le légume » confie Masami qui déconseille aux prochains horti-urbains de se lancer seul, même si aujourd’hui elle assure avoir le meilleur des deux mondes – en plein air la journée et au théâtre le soir. Par amour des fleurs, par respect pour ce travail physique, Masami travaille uniquement avec les fleuristes qui viennent visiter son champ, là-haut, à Paris. Pour eux, elle plante de nouvelles variétés qui leur permettront de se réinventer saisons après saisons, comme l’ageratum ou la fleur de millet.

40, rue du Télégraphe – Paris 20ème

Vente à la tige, à la botte, au bouquet pour particuliers et professionnels. Ouverture sur rendez-vous du lundi – vendredi 9h30 – 17h30. Vente directe public certains samedis 14h – 17h – Entrée par le cimetière de Belleville, prendre l’allée centrale jusqu’au bout, porte verte à droite.

http://pleinair.paris